L’histoire de l’œuvre
À travers ce dessin, j’ai voulu parler de ces passages de la vie où tout vacille. Après la maladie, les absences et les épreuves, vient parfois ce moment où l’on se retrouve seule face à soi-même, à chercher un sens, une raison de continuer à avancer.
La jeune femme est là, au bord de la mer, comme arrêtée un instant sur son chemin. Son regard se porte vers l’horizon, mais ses pensées semblent ailleurs. Il y a dans son expression quelque chose de fragile, entre tristesse et espoir. Ce moment où l’on ne sait pas encore ce qui nous attend, mais où il faut malgré tout continuer.
Dans sa main, elle tient un coquelicot. Cette petite fleur a pour moi une signification toute particulière : c’était la fleur préférée de ma grand-mère. Elle m’a donné tellement d’amour que les coquelicots restent profondément liés à son souvenir. En tenir un dans sa main, c’est comme retrouver quelque chose d’elle, un souvenir heureux, une présence qui continue de m’accompagner malgré l’absence.
Pour traduire cette émotion, j’ai choisi la simplicité du noir et blanc. Le travail du crayon, les nuances de gris et les ombres me permettent d’aller à l’essentiel, sans détourner le regard par la couleur. J’ai travaillé plus précisément le visage, le regard et la main qui tient la fleur, tandis que la mer et l’horizon restent plus légers, presque inachevés.
J’aime cette opposition entre la finesse du dessin et ce qu’il porte de plus profond. Le trait peut être léger tout en racontant une douleur, une absence, un souvenir. Ici, la technique n’est pas une démonstration : elle accompagne simplement l’émotion.
Et au milieu de cette immensité, il reste ce petit coquelicot. Presque rien… et pourtant beaucoup. Un souvenir d’amour auquel se raccrocher quand on ne sait plus très bien où mène le chemin.

