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Présentation de l’animation 3D « Le vieux lion » (2025)
Le Vieux Lion est né sur le papier, comme tous mes dessins. Avant d’utiliser cet outil qu’est l’IA, il y a mon atelier, ma table de dessin, mes feuilles de dessin, mes crayons graphite, le silence de mon atelier, et mon face-à-face « amoureux » et prolongé avec l’animal. Le lion est pour moi une figure magnifique, essentielle, majestueuse, puissante, mais les lions sont aujourd’hui menacés. Et cela me bouleverse. Le dessiner, c’est lui rendre hommage.
Par son regard direct et apaisé, ce dessin cherche à créer une rencontre intime entre l’animal et le spectateur. J’évoque ici la fragilité des lions, dont les populations sont aujourd’hui en fort déclin selon de nombreuses études scientifiques, notamment en raison du braconnage et des pressions liées au changement climatique. Le dessin s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la disparition progressive de la faune sauvage.
Dans mon travail artistique, dessiner les animaux est avant tout une tentative de capturer la douceur de leur regard, leur présence silencieuse et leur dignité. Le noir et blanc permet de se concentrer sur l’essentiel : l’expression, la texture et l’émotion, sans distraction de la couleur.
Le dessin reste le coeur du projet
Lorsque j’ai découvert le résultat fourni par l’intelligence artificielle, j’ai été vraiment agréablement surprise. Mon dessin était là, vraiment intact, reconnaissable. Le trait n’avait pas été trahi, ni lissé : il avait été compris.
Ce qui m’a particulièrement touchée, ce sont les matières et les lumières, sans jamais écraser l’intention première. L’IA restera pour moi un outil, et ici, clairement, il ouvre un champ nouveau, à condition d’être utilisé avec retenue et exigence.
Cette expérience m’encourage à poursuivre ce dialogue entre le dessin et l’animation 3D. J’y vois un pont, jamais une rupture. Le dessin reste le cœur du projet, le lieu de l’émotion originelle. L’animation intervient comme une amplification délicate, mesurée, attentive au silence du dessin.
Car l’animation est une force ambivalente : elle peut révéler, mais aussi envahir. Il faut savoir jusqu’où aller ; et surtout quand s’arrêter. Utilisée avec justesse, elle n’altère pas la vérité émotionnelle de l’image. Elle permet simplement d’y entrer autrement, dans le temps, le souffle et le mouvement, au service d’un regard profondément humain.
DAM KAT, Décembre 2025
