L’histoire de l’œuvre
En forêt de Huelgoat
Elle s’est avancée sous les branches de la forêt de Huelgoat et, presque aussitôt, elle a senti quelque chose changer en elle. Comme une étreinte invisible. Le vent effleurait son visage, la lumière traversait doucement les feuillages et venait se poser sur sa peau.
Autour d’elle, la forêt respirait.
Alors elle a fermé les yeux et s’est laissée envelopper. Peu à peu, les pensées se sont tues, les peurs se sont éloignées. Il ne restait plus que le bruissement des feuilles, l’odeur de la terre et cette douceur étrange qui semblait monter du sol, traverser son corps et apaiser ce qui, depuis si longtemps, ne trouvait plus de repos.
Les arbres se dressaient autour d’elle comme des présences anciennes et familières. Elle avait presque l’impression qu’ils la reconnaissaient, qu’ils lui murmuraient quelque chose qu’elle avait oublié : elle n’était pas étrangère à ce monde. Elle appartenait, elle aussi, à cette terre, à ce souffle, à cette lumière qui glisse entre les branches.
Dans cet instant suspendu, les frontières semblaient disparaître. Il n’y avait plus vraiment la femme d’un côté et la forêt de l’autre. Seulement une même respiration, un même silence, quelque chose de vivant qui circulait entre la peau, les feuilles, les racines et le vent.
Et puis une joie est montée en elle. Une joie simple, profonde, presque inexplicable. Pas celle qui efface les blessures, mais celle qui rappelle doucement que, malgré tout, la vie est encore là.
Alors elle a pleuré.
Non pas de tristesse, mais de cette émotion rare qui nous saisit lorsque, l’espace d’un instant, on se sent exactement à sa place.

