L’histoire de l’œuvre
Nos premiers cauchemars ne naissent peut-être pas de nulle part. Certaines peurs prennent racine dans les premières blessures de l’enfance, puis se transforment, dans nos rêves, en images et en créatures auxquelles notre imagination donne vie.
Au centre du dessin, une enfant recroquevillée semble s’isoler du monde qui l’entoure. Autour d’elle surgissent des créatures inquiétantes, animaux, monstres et figures fantastiques, comme si ses peurs, ses souvenirs et ses rêves avaient soudain pris corps.
Mais sont-elles vraiment imaginaires ? À travers cette œuvre, j’ai voulu questionner cette frontière incertaine entre le réel, le rêve, le souvenir et l’imaginaire. Peut-être ces mondes que nous séparons une fois adultes ne font-ils, dans l’esprit de l’enfant, qu’un seul et même univers.
Le travail en noir et blanc renforce cette sensation. Les hachures, motifs, textures et noirs profonds s’accumulent autour de l’enfant et donnent à chaque créature une présence singulière. Cette profusion graphique contraste volontairement avec sa silhouette plus claire et épurée, fragile au milieu de ce monde foisonnant.
Les Premiers Cauchemars parle ainsi de nos premières peurs et des traces qu’elles peuvent laisser en nous, tout en laissant planer une question : où finit la réalité et où commence le rêve ?

