L’histoire de l’œuvre
Cette étude en noir et blanc, intitulée Je suis là., saisit un instant d’une grande intimité entre une mère et sa fille. Leurs visages se rejoignent, joue contre joue, dans un geste simple où se mêlent tendresse, inquiétude et réconfort.
Affaiblie par la maladie, la mère garde les yeux clos et se penche doucement vers son enfant, comme pour lui offrir encore la sécurité de sa présence. Pourtant, quelque chose s’inverse subtilement : le regard de la jeune fille, tourné vers sa mère, laisse deviner son inquiétude. L’enfant semble à son tour veiller sur elle. Dans cette proximité silencieuse, chacune devient ainsi le refuge de l’autre.
Le choix du noir et blanc permet de concentrer le regard sur les expressions et la proximité des deux visages. Le dessin alterne des traits fins et précis avec des zones plus intensément travaillées. Les ombres délicates qui modèlent les visages contrastent avec les cheveux, construits par une succession de lignes plus affirmées, et avec les valeurs sombres du vêtement. Les espaces laissés très clairs participent également à la douceur et à la fragilité de la scène.
À travers Je suis là., je souhaite évoquer l’amour qui demeure lorsque les mots deviennent insuffisants : la présence, le courage silencieux et cette force qui peut circuler de la mère à l’enfant, puis de l’enfant à la mère.
Une œuvre sur la maladie et la vulnérabilité, mais surtout sur ce lien qui résiste à l’épreuve et semble murmurer, simplement : « Je suis là. »

