En hommage à Edgar DEGAS

En sortant de l’atelier

Je viens de refermer la porte de l’atelier.
Il y a encore dans l’air l’odeur du papier, du fusain et du silence. C’est souvent dans ce moment-là, juste après le travail, que les choses prennent sens.

Je souhaite aujourd’hui présenter une nouvelle série de nus féminins, née d’un dialogue intime avec l’œuvre d’Edgar Degas.

Degas et le nu 

Edgar Degas a consacré une part essentielle de son œuvre au corps féminin, en particulier au nu. Contrairement à la tradition académique du nu idéalisé, posé et offert au regard, Degas s’est attaché à représenter des corps saisis dans des gestes ordinaires : se laver, se sécher, s’étirer, se pencher.
Il ne s’agit pas de scènes mythologiques ni allégoriques, mais de fragments de vie, observés avec une attention presque silencieuse.

Degas travaillait longuement le dessin, notamment à travers le pastel et le fusain, cherchant moins la ligne parfaite que la justesse du mouvement et de la posture. Il considérait le dessin comme « l’art de voir juste », et non comme une simple prouesse technique.

Les historiens de l’art soulignent également que ses nus ne cherchent pas à séduire le spectateur. Degas lui-même parlait de ses figures comme de « gens qui se lavent », observés « comme à travers un trou de serrure », une formule souvent citée pour décrire cette distance volontaire entre le regardeur et le modèle.

Etudes de Nus féminins au pastel par DAM KAT
Entre deux souffles, etudes de DAM KAT au pastel

Suspendre le temps

C’est précisément cette qualité de présence, sans mise en scène, qui a nourri mon travail.

Dans cette série, le nu devient une pause.
Un moment suspendu, sans narration imposée. Les corps ne racontent rien d’autre que leur propre existence. Ils ne sont ni performants, ni idéalisés, ni soumis à un regard pressé.

J’ai voulu que ces œuvres invitent à ralentir. À rester un peu plus longtemps devant une posture, une courbe, une respiration. À se reconnecter à son propre corps, non comme un objet à corriger ou à juger, mais comme un lieu habité.

Femme nue étendue, par DEGAS
Femme nue étendue (DEGAS)

 Une féminité de douceur

Cet hommage à Degas est aussi, pour moi, un hommage à la féminité,  faite de douceur, de vulnérabilité assumée, de force calme. Lorsque je dessine le corps féminin, je ne représente pas un objet, mais un fragment sensible, porteur de respect et de présence. Tout comme sa douceur, et surtout sa part sacrée. Car à mes yeux, c’est peut-être dans cette « simplicité » que réside « sa magie, sa poésie et sa puissance. »

Degas - La toilette, étude.
Degas - La toilette, étude.

Regarder autrement

Si Degas continue de me toucher aujourd’hui, c’est sans doute parce qu’il nous apprend à regarder la vie et les gens autrement : sans interrompre, sans consommer, sans expliquer trop vite. Avec sagesse. Avec poésie. C’est cette leçon que j’ai essayé de laisser infuser dans mon atelier. En sortant, je n’ai pas eu l’impression d’avoir terminé une série. Plutôt d’avoir gagné en calme et en sérénité.

La toute première étude de nu de cette série est terminée. Vous pouvez la découvrir / la commander  > juste ici