DAM KAT, artiste célébrant l'intimité et la tendresse à travers une peinture figurative raffinée parle de son dernier coup de coeur : Le Lit de Toulouse Lautrec
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Doutes, blocages et décisions artistiques
J’ai toujours trouvé du calme en dessinant. Très jeune, j’ai ressenti la dureté et la violence du monde. L’art est devenu un refuge naturel. La musique d’abord, avec le piano appris auprès de mon père, puis le dessin au collège, la peinture et l’histoire de l’Art et des Arts Plastiques à l’université. Toutes ces pratiques m’ont offert des espaces pour me mettre à l’écart, pour respirer. J’ai besoin de me réfugier dans ces mondes imaginaires, loin du bruit des hommes et de l’agitation. C’est là que je me sens libre, en sécurité, à ma place.
Créer m’a toujours apporté ce sentiment rare d’être pleinement connectée » à l’univers « . Lorsque je dessine, lorsque je suis dans l’action, tout s’éteint autour de moi. Le temps se suspend. L’acte même de créer me procure une telle joie. Il n’y a plus de stress ni d’attente, plus de peur, seulement le geste, le regard, le trait qui avance. C’est dans cet état que je me sens à ma place. Et pleinement vivante.
Mais le travail artistique n’est pas un chemin facile. Les moments de doute font partie intégrante de la création. Ils surgissent parfois sans raison apparente : une perte de confiance, l’impression de tourner en rond, de ne plus savoir quoi dire ni comment le dire. Il arrive aussi que mon regard soit beaucoup trop sévère, je ne compare jamais mon travail à celui des autres, détestant la compétition, mais parfois il m’est arrivé de douter de la légitimité même de créer. On appelle cela » Le Syndrome de l’imposteur ». Et c’est paralysant.
Face à ces moments-là, j’ai appris qu’il n’était pas nécessaire de lutter. Le doute demande souvent d’être écouté plutôt que combattu. Parfois, il suffit de ralentir, de s’arrêter, de laisser le travail se taire un instant. Revenir au geste simple, au dessin sans intention, ou même s’éloigner temporairement de l’atelier peut aider à retrouver un souffle. Regarder, lire, marcher, écouter de la musique, nourrir autrement l’imaginaire permet souvent au désir de revenir de lui-même.
Les décisions artistiques naissent souvent de ces périodes d’incertitude. Elles demandent du temps, de la patience et une forme de confiance discrète. Choisir, ce n’est pas toujours savoir où l’on va, mais accepter d’avancer malgré l’inconfort. Avec le temps, j’ai compris que ces moments de doute ne sont pas des obstacles, mais des passages. Ils font partie du travail, comme des respirations nécessaires, et participent pleinement à la construction d’un langage personnel.
DAM KAT
Le dessin : un moment de répis
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Le Veilleur de l’Aube est celui qui affronte son destin avec courage.
ll avance pour protéger ce qui ne peut parler : les animaux, la nature, les êtres qu’il aime. Il défend le fragile, l’indomptable, l’essentiel.
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